Dom Rémi Qui ?

Moine de l’abbaye de Saint-Amant-de-Boixe

Rémy Carré, fils de Claude Carré et de Marie Bailly, est né le 22 février 1706, à Saint-Fal (diocèse de Troyes). Il a été baptisé le même jour par Bart, curé de la paroisse, en présence de Jacques Roy, son parrain, et de Marguerite Baily, sa marraine.

Il est prêtre et moine profès à Saint-Amant-de-Boixe au moins de 1740 à 1747. Il était auparavant chantre titulaire de l’abbaye de Saint-Liguaire (près de Niort). Il est ensuite prieur de Béceleuf (Deux-Sèvres) en 1740 et sacristain de La Celle (diocèse de Meaux). Toujours en 1740, il est pourvu du prieuré Saint-André de Ruffec. Il ne réside pas ou très peu dans ses bénéfices puisqu’en 1740, il est " audiant en droit canon et demeurant à Paris au collège de Prémontré, rue Hautefeuille, paroisse Saint Cosme ".

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Eglise de Saint-Fal
Vue extérieure de l’église de Saint-Fal (10). (c) A. Vignet

Il était prêtre et religieux bénédictin de l’ancienne observance (c’est-à-dire qu’il dépendait d’établissements monastiques non réformés par les Mauristes, comme par exemple l’abbaye de Saint-Amant-de-Boixe). Ces établissements non réformés ne brillaient pas par le lustre et la qualité des offices religieux. D’où les nombreuses publications de dom Rémi Carré pour pallier les manques dans les arts du chant et, plus important, dans les Saintes Ecritures. Il écrit son premier ouvrage vers 1724 (titre et sujet inconnu).

Parmi ses publications retrouvées à la BnF, on peut citer :

  • Psaumes dans l’ordre historique, nouvellement traduits sur l’hébreu (1742).
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    1ère page du "Maître des novices..."
    Page de titre de l’ouvrage "Le Maître des novices..."
  • Le maître des novices dans l’art de chanter ou règles générales courtes, faciles et certaines pour apprendre parfaitement le plain-chant, précédées de quelques motifs et exemples édifiants, qui engagent les jeunes ecclésiastiques et les jeunes religieux novices, et autres, à s’y appliquer ; de quelques observations sur la formation, conservation, destruction, enrouement, extinction de la voix, avec leurs remèdes et moyens de la rendre claire, nette et sonore ; et suivi d’un ample recueil d’antiennes, repons et messe d’une agréable variété et tendre dévotion pour servir à exercer, tant sur la note que sur la lettre, ceux qui n’ont point de livres d’Eglise en leur disposition. Paris, chez Le Breton, 1744. Cet ouvrage a fait grand bruit et nombre de bibliothèques privées en possédaient un exemplaire. L’auteur pour cet ouvrage a bénéficié d’une critque très favorable, comme par exemple : Ce livre respire partout la piété, mais une piété douce et qui n’est pas incompatible avec la joye du cœur et une certaine gayeté d’esprit. Car si le monde a sa Musique, l’Eglise a son Plein chant, […] le livre d’un pieux Maître des Novices, qui propose une nouvelle méthode de plein chant avec autant de zèle, que d’autres ont de passion pour la protection de la Musique, à laquelle ils sont dévoués. On sent ce zèle infiniment louable dans toute la Préface de l’Auteur, où il fait connoître l’imperfection avec laquelle les louanges de Dieu se chantent, ou souvent ne se chantent pas, et ne font que se psalmodier ou se réciter dans les Eglises et dans les Monastères de campagne ; et il excite les Ecclésiastiques et les Religieux à se rendre un peu plus habiles sur le plein chant.
  • La Clé des psaumes. 2e édition, revue et augmentée, Paris, 1755.
  • Recueil curieux et édifiant sur les cloches de l’église avec les cérémonies de leur bénédiction à l’occasion de celle qui fut faite à Paris le Jeudi 3 juin 1756 à l’abbaye de Penthemont, sous le gouvernement de Mme de Bethisys en présence et aux noms de Mgr le Dauphin et de Mme Adélaïde de France et le Mardi 14 septembre suivant à l’abbaye au Bois sous le gouvernement de Mme de Mornai en présence et aux noms de Mgr le prince de Condé et de Mme la princesse son épouse. Cologne, 1757.
  • Lettre circulaire à Messeigneurs du clergé de France (4 p.), feuillet publicitaire envoyé destinés aux prêtres pour vanter les mérites de son dernier ouvrage sur les cloches, lors de l’Assemblée Générale du Clergé).
  • Prospectus Sacrorum Bibliorum in breviarium distributorum, Paris, impr. De G. Desprez, 1776.
  • Plan de la bible latine distribuée en forme de bréviaire, pour la lire tout entière chaque année en particulier, suivant l’esprit général de l’Église et l’ancien ordre des livres, tel qu’il est dans presque tous les bréviaires en faveur de tous les jeunes gens qui se destinent à l’état ecclésiastique, et pour leur usage, depuis environ les deux dernières années de leurs humanités, jusqu’au soudiaconat, et tant qu’il leur plaira au delà, Paris, Gobreau, 1780.
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    Vignette extraite de l’ouvrage "Le Maitre des novices..."

Ce religieux, du fait de ses études à Paris et de son travail de publication, n’est probablement jamais venu à Saint-Amant, comme ce fut le cas pour sa prise de possession du prieuré de Ruffec (en nord Charente). Ainsi, le 30 mai 1740, frère Rémy Carré, prêtre, religieux de l’abbaye de Saint Amant de Boixe, ordre et ancienne observance de Saint Benoist, diocèze d’Angoulesme et prieur de Beceleuf, actuellement audiant en droit canon et demeurant à Paris au collège de Prémontrée, rue Heutefeuille paroisse Saint Cosme, pourveu du prieuré simple et régulier de Saint André de Ruffec diocèze de Poitiers nomme pour son procureur Me Charles Jean de Le Riget, avocat en parlement, sénéchal de Ruffec, pour, en son nom, prendre possession réelle actuelle et corporelle dudit prieuré simple et régulier de Saint André de Ruffec, diocèze de Poitiers .

Le 7 décembre 1747, à l’occasion de l’enquête relative à la suppression du prieuré de Vindelle, dépendant de l’abbaye de Saint-Amant-de-Boixe, et son union au collège des Jésuites d’Angoulême, frère Rémy Carré prestre religieux profet de laditte abaye de Boixe […] auroit déclaré qu’il en consentoit l’enregistrement et exécution en sa qualité de religieu de St Amant.

Le 9 mars 1749, Messire Remy Carré prestre religieux de l’abaye de Saint Amant de Boixe ordre antienne observance de Saint Benoist diocèze d’Angoulême, prieur de la ville et marquizat de Rufeq en Angoumois, demeurant de présant en la ville de Paris au collège de Prémontré estably Rue Aute Feuille, paroisse de Saint Caume par devant Me Nouel, notaire au Châtelet de Paris, fonde comme son procureur Me Charles Jean Le Riget avocat en parlement sénéchal et juge ordinaire civil et criminel et de police de la ville et marquisat de Ruffec. Le 21 juin 1749, par devant Mes Amiaud et Fruchet, notaires royaux de Montignac-Charente, ce dernier afferme les revenus dudit prieuré Saint-André de Ruffec à Jean Couturier, sieur de Bois Jamin demeurant au bourg de Villefagnan, pour une période de sept années, à raison de 400 lt par an.

Le 25 octobre 1766, le prieur de Ligueux (diocèse de Saintes) expose à Loménie de Brienne au sujet de la situation de son prieuré, que s’il croyait que nous ne fussions pas assés de religieux pour faire l’office, il lui serait facile de nous augmenter ; il y a des anciens religieux qu’on enjoindrait de retourner à la règle, par exemple, […] Remy Carré, ancien chantre, faubourg St-Germain…. Cet exemple joint aux autres illustre bien que les bénéfices ne sont perçus que comme un revenu permettant de financer des études, ou un niveau de vie, loin de toutes considérations ecclésiastiques.

D’après Eusèbe Castaigne , dom Rémy Carré serait mort en 1773. Mais aucun document ne vient confirmer cette assertion.

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Vignette extraite de l’ouvrage "Le Maître des novices..."

Sources & bibliographie

Archives départementales de l’Aube, ED 359/08 (RP Saint-Phal, 1700-1710).
Archives départementales de la Charente, 4 H 25.
Archives départementales de la Vienne, 1 H 19 59 (Ruffec).
E. Castaigne, Essai d’une bibliothèque historique de l’Angoumois, Bulletin et Mémoires de la Société Archéologique et Historique de la Charente, Angoulême, J. Lefraise et Cie, 1846.
P. Chevallier, Loménie de Brienne et l’ordre monastique (1766-1789), Bibliothèque de la Société d’Histoire Ecclésiastique de la France, Librairie Philosophique J. Vrin, Paris, 1959.
Mémoires pour l’histoire des sciences et des beaux-arts, commencés d’être imprimés en l’an 1701 à Trévoux, et dédiés à Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Prince souverain de Dombes, octobre 1744, Chez Plaignard, Paris, 1744.
Mémoires pour l’histoire des sciences et des beaux arts, décembre 1745, Paris, Chez Chaubert, 1745.
Mémoires pour servir à l’histoire ecclésiastique pendant le dix-huitième siècle, seconde édition, tome 4, Imprimerie A. Le Clere, Paris, 1816.